dimanche 29 mai 2016

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Suite du

Chapitre 4

Le forum des îles du Pacifique

Même si la sécurité n'est pas l'activité première incombant au Forum des iles du Pacifique, il n'en demeure pas moins que ce sujet relève des préoccupations des pays membres. La sécurité régionale figurait déjà à l'ordre du jour du somment d'Auckland en 2003. Le Forum des Îles du Pacifique, qui regroupe 16 Etats indépendants (43), a entrouvert ses portes à la Polynésie française, à Port Moresby, en septembre 2015. La Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie restent cependant pour le moment des membres associés du forum, et ne peuvent donc participer pleinement à ses décisions. Wallis-et-Futuna, pour sa part, n'est que membre observateur. Les pays souverains du Pacifique n'étaient pas tous favorables jusqu'ici à l'intégration dans le Forum de collectivités non indépendantes et ont toujours été en opposition avec les essais nucléaires de la France menés dans cette région du monde.
            Sur les 18 États (16 membres et 2 associés) 6 d'entre eux ne disposent pas de forces de défense (Marshall, Micronésie, Palaos, Vanuatu, Tuvalu).
            L'Australie, la Nouvelle-Zélande, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France exercent donc des responsabilités particulières à cet égard dans la zone.
            Ces responsabilités se reflètent-elles sur les 1200 faciales traitant de la défense et des forces armées émises depuis 2000 par les membres du Forum?
            Il y a deux façons d'aborder les États du cinquième continent.
Par la géographie, en distinguant les îles du Pays continent (l'Australie), de la Nouvelle-Zélande, de la Micronésie, de la Mélanésie, de la Polynésie.
Par l'Histoire de ces iles et celle des relations avec les capitales des États, qui ont été jadis des colonisateurs et vers lesquels ces iles se retournent aujourd'hui pour obtenir de l'aide en matière de défense et de sécurité: Washington, Londres, Paris. 11 États sont en outre membres du Commonwealth.
L'Australie et la Nouvelle-Zélande, de par leurs dimensions et leur population ont les capacités d'assurer leur défense par leurs propres moyens et indépendamment d'éventuelles directives émanant du Forum.

Iles Marshall, Micronésie, Palau

Avec près de 500 faciales traitant de sujets liés à la Défense et aux forces armées, émises en 15 ans, les iles Marshall ne peuvent pas laisser indifférents le "soldat à la loupe" et autres collectionneurs, même si les timbres, les feuillets et les blocs émis par les Marshall n'ont guère d'usage postal..

Les commémorations des conflits dans lesquels les USA ont joué un rôle majeur (2° guerre mondiale, guerre froide, Irak, notamment), les chefs et les soldats, les navires de guerre et surtout les avions émis en larges feuilles de plusieurs
Salomon, Tuvalu, Vanuatu

Les timbres diffusés par ces trois archipels témoignent de l'attachement qu'ils portent au Commonwealth et aux produits postaux dédiés aux thématiques autres que celles traitant de questions de défense! Celles-ci ( 170 faciales seulement émises depuis 2000), commémorent les deux guerres du siècle précédent et rappellent que Londres détient un arsenal aérien et naval reconnu dans le monde. L'actualité des îles n'a donc pas motivé les responsables locaux à en faire état dans leurs programmes annuels d'émission de timbres, de blocs et de feuillets. Or cette actualité eut permis de montrer la solidarité des iles du Pacifique, lorsque l'une d'entre elles  doit faire face aux tensions, ethniques notamment.

Le cas des Salomon confrontés au conflit avec les habitants de Guadalcanal est caractéristique d'une volonté commune de leur environnement de maintenir la paix dans cette partie du monde, même si cette assistance a été contestée par les bénéficiaires après quelques années.

Polynésie, Wallis et Futuna, Nouvelle-Calédonie

La Polynésie française, (qui a la dénomination particulière de «pays d'outre-mer»),Wallis et Futuna  (qui garde dans les faits l'usage du terme de «territoire d'outre-mer»), sont deux collectivités d'outre-mer. (COM)
......le territoire dépend, à l'exception des territoires britanniques.

Le droit dérivé communautaire ne s'applique pas directement aux pays et territoires d'outre-mer non membres de l'espace Schengen, mais ils peuvent bénéficier de fonds européens de développement de la Banque centrale européenne. Bien que la législation européenne ne s'y applique pas, leurs citoyens nationaux disposent de la citoyenneté européenne et participent aux élections des représentants de leur pays au Parlement européen.


La Nouvelle-Calédonie constitue une collectivité sui generis et est simplement dénommée 'la Nouvelle Calédonie dans les textes. Elle assure le secrétariat général de la commission du Pacifique. Elle devrait organiser entre 2014 et 2018 un référendum local d'autodétermination sur la question de l'indépendance complète, en vertu des accords de Nouméa de 1998." (45)
La façon dont les deux îles, Wallis et Futuna, abordent la thématique observée dans ce blog, est caractéristique d'un peuple dont le regard se porte vers la mer, tandis qu'à Nouméa l'attrait des hautes terres joue un rôle important chez les Calédoniens.
L'aide apporté par Londres et Paris à ces îles ne se limite pas aux îles du Pacifique. Celles de l'Atlantique, de l'océan indien de la mer caraïbe et de l'Antarctique bénéficient aussi,  en matière de défense, de certaines garanties au titre de leur statut de territoire et de département d'outre-mer.

Les territoires britanniques d'Outre-mer (T.B.O.M), les terres australes et antarctiques françaises, australiennes et britanniques.



On nomme "territoires britanniques d'outre-mer" les 14 territoires placés sous souveraineté et contrôle formel de la Grande-Bretagne, dont Londres assure la défense et la sécurité et peut les représenter à l'international en accord seulement avec les gouvernements locaux. (aux Antilles: Anguilla, îles Caïmans, Iles Vierges britanniques, Montserrat, îles Turques et Caïques. Au large des États-Unis: Bermudes. En Amérique du sud:  îles Malouines. Dans le Pacifique sud:  îles Pitcairn. En Atlantique sud: Sainte-Hélène, Ascension et Tristan da Cunha, Géorgie du sud et îles Sandwich du sud En Océan Indien:  Territoire britannique de l'Océan indien.  En Antarctique:, territoire britannique de l'Antarctique.  ( En Méditerranée:  les enclaves sur l'île de Chypre.)
            Ces îles ont émis en 15 ans un peu plus de 700 faciales traitant des forces armées, dont près de la moitié médiatisent les moyens aériens et navals de la Grande-Bretagne. Quatre temps de l'Histoire militaire sont en outre retenus, pour rappeler le rôle des armées britanniques, qui furent durant des siècles "les plus fidèles ennemies des forces armées françaises": Trafalgar, Waterloo. Mais Londres évoque en outre les temps forts des deux conflits mondiaux, au premier rang desquels figure la bataille aérienne d'Angleterre.
            Les Britanniques rappellent également le rôle des soldats et des chefs, montrant sans fausse pudeur  qu'une armée est d'abord un système d'hommes avant d'être un système d'armes

Conscientes que les avions et les navires de guerre sont des thèmes populaires, ces îles relaient aussi le message de Londres, qui entend faire savoir que la Royal Navy et la Royal Air Force ont été et demeurent deux outils de combat sur lesquels compter. Les timbres diffusés évoquent tout aussi bien les outils du passé que ceux de notre époque.
Six vétérans parmi beaucoup d'autres
Avec les Britanniques, par le biais de leur TOM, et les Américains par le biais des Marshall et autre Micronésie, la thématique défense prend sa vraie dimension. La représentation des soldats et des armes n'est en rien occultée. On pourra regretter que Londres n'apporte pas plus de diversité dans les sujets choisis.

Terres australes et antarctiques françaises, australiennes, britanniques

"Le traité sur l'Antarctique interdit toute activité militaire sur le continent, y compris la construction de bases militaires et de fortifications, les manœuvres et les essais d'armement. La présence de personnels et d'équipements militaires n'est permis qu'à des fins pacifiques."(46)
 
Parmi les parties prenantes du traité sur l'Antarctique figurent six États membres de l'ASEAN/A.P.T et/ou de l'A.S.A.C.R. (Japon, Corée du sud, Chine, Inde, Malaisie, Pakistan.)

l'Association des nations de l'Asie du sud-est dite "plus  trois" (ASEAN-A.P.T),et l'association sud-asiatique pour la coopération régionale (ASACR).


Les pays membres et associés de "l'ASEAN plus 3", (A.P.T)
(Brunei, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Myanmar, Philippine, Singapour, Thaïlande, Vietnam + Chine, Corée du sud, Japon) ont adopté une charte stipulant notamment le respect de l'intégrité territoriale de ses membres, de leur souveraineté et du principe de non-ingérence.

...sécurité de l'ASEAN (48)

Les timbres diffusés reprennent-ils à leur compte les grandes problématiques évoquées dans ce plan et s'intéressent-ils aux crises et aux conflits qui ont pu avoir lieu au sein de l'ASEAN depuis l'année 2000?
Des raisons culturelles et d'ordre économique expliquent la tiédeur des membres de l'ASEAN à se servir du timbre et autres produits postaux pour vanter les mérites de leurs forces armées et faire de la défense une priorité, même si l'actualité des 15 dernières années est riche d'affrontements plus ou moins violents entre les pays membres ou entre les factions internes à ces pays. Le nombre de faciales "défense" émises par les membres dépasse à peine 200 et l'admission prochaine du Timor oriental ne modifiera pas ce constat du moment.
Les armées cambodgiennes, sud-coréennes, indonésiennes, japonaises et Malaisiennes  ont répondu présentes aux demandes de l'ONU visant à prendre une part active aux différentes  missions de maintien de la paix dans le monde, mais seules deux capitales ont choisi d'évoquer cette participation sur une faciale de timbre: Djakarta et Kuala- Lumpur.

La menace terroriste d'origine islamique concerne l'Indonésie, la Malaisie, la Birmanie et les Philippines. Aucun de ces pays n'a cru devoir émettre un timbre destiné à montrer sa détermination à se joindre aux efforts des autres États membres de l'Association concernés par la lutte contre les radicaux. Les conflits frontaliers récurrents dans la zone ne mobilisent guère plus.
Les zones d'affrontements terrestres et maritimes concernant l'ASEAN sont tout autant nombreuses que peu médiatisées. Les pays concernés se gardent d' évoquer la participation de leurs forces armées dans ces zones convoitées par les protagonistes. Aucun timbre n'évoque le heurt des convoitises  dans la mer de Sulu, le détroit de Malacca, le golfe de Thaïlande, la mer de Java, de Banda, des Célèbes, les îles Senkaku, les Kouriles, les Spratleys. On peut d'ailleurs comprendre le souci d'apaisement des États riverains.
            Quelques timbres témoignent d'une montée en puissance de trois forces armées, celle de l'Indonésie et celles de Singapour, de Thaïlande et de la Malaisie. Le Japon, à son tour a diffusé 1 timbre en octobre 2002 sur lequel deux navires de guerre japonais témoignent de la sortie d'un mutisme assumée depuis la fin de la guerre de 39/45. Les États émetteurs  mettent surtout l'accent sur les aéronefs et les navires de guerre.

La France et la Corée commémorent ce conflit en décrétant année de "la Corée en France" les 12 mois allant de septembre 2015 à août 2016. 3400 soldats français de l'armée de terre ont donc participé à des affrontements qui ont couté la vie à 269 d'entre eux.(49) On aurait pu s'attendre à ce qu'un timbre évoque cette participation à un conflit visant à établir la paix dans cette partie du monde et rappelle surtout la mort de ces Français qui avaient obéi aux ordres du pouvoir. Rien n'indique au printemps 2016 qu'il en sera ainsi...la thématique "Défense" conçue "à la française" répond à d'autres choix...!

L'Association du sud-asiatique pour la coopération régionale (ASARC)

La charte adoptée stipule que les États sont " désireux de promouvoir la paix, la stabilité, l'amitié et le progrès dans la région par le strict respect des principes de la Charte des Nations Unies et de non-alignement, en particulier le respect des principes de l'égalité souveraine, l'intégrité territoriale, l'indépendance nationale, la non-utilisation de la force et la non-ingérence dans les affaires intérieures des autres États et le règlement pacifique de tous les différends" (5o)
Parmi les pays membres de l'organisation, l'Inde déjà évoqué, décline la thématique "Défense et forces armées" de façon exemplaire. Qu'en est-il des autres pays membres de la SAARC ?
Mais alors que la guerre se poursuit en Irak et en Afghanistan, alors qu'au Pakistan le terrorisme sévit, comme il se manifeste au Bangladesh, les timbres n'en disent rien.
La lutte contre Daesch, qui sévit en Irak, tout comme celle à mener contre le terrorisme dans le monde, n'inspire pas les États, qui ont d'autres soucis, il est vrai, que de communiquer par la philatélie !
La thématique "Défense" ne trouve donc son compte que dans les émissions de timbres destinés à montrer la montée en puissance des forces armées d'Iran, du Pakistan et  de l'Inde.

Iran


Pakistan
Avec près de 700000 hommes sous les armes, le Pakistan se situe au 7° rang des puissances militaires dans le monde et demeure le seul pays musulman à détenir une panoplie nucléaire complète réalisée grâce à la convergence des efforts diversifiés de la Chine, de la Corée du Nord et de l'Arabie saoudite. Près de 200 000 hommes sont engagés contre les talibans dans le nord-ouest du pays où interviennent également les drones tueurs américains.
Au terme de cette approche géopolitique de la thématique "Défense", force est de constater que les timbres émis depuis l'année 2000 reflètent plus les intérêts spécifiques (52) des États que les grands objectifs retenus par chacune des organisations et autres associations régionales. Les trois bureaux postaux de l'ONU eux-mêmes restent d'ailleurs en retrait. On ne peut que noter l'absence d'orientations d'ordre philatélique de l' ONU concernant les questions de Défense et de Sécurité, alors qu'on eut été en droit de souhaiter à tout le moins que celle-ci appelle à émettre des faciales invitant à lutter contre le terrorisme. L'action des casques bleus mériterait en outre d'être mise en valeur lorsqu'une opération de maintien de la Paix fait l'objet d'un mandat ou lorsqu'elle s'achève. D'innombrables sujets pourraient être retenus et enrichir ainsi une thématique "défense et de Sécurité" innovante, vivante, renouvelée.
Les rares faciales émises tant à New-York  que Genève et Vienne, autres que celles déjà évoquées par ailleurs, abordent trois sujets relevant de ce livre: La paix et non la guerre, les enfants soldats et les pertes subies pour cause de terrorisme par les membres dirigeants de l'organisation.

(1) dont l'Algérie
(2) http://www.osce.org/fr/secretariat/35779?download=true. Cf également l'annexe précisant la liste des états membres.
(3) Cf le chapitre précédent.
(4) Cf le paragraphe ONU du chapitre 2.
(5) Cf l'annexe précisant la liste des états membres et http://www.nato.int/cps/fr/natohq/official_texts_17120.htm
(6) cf http://www.nato.int/terrorism/cinq.htm
(7) http://www.operationspaix.net/4-fiche-d-information-de-l-organisation-cei.html
(8) Organisation de coopération de Shanghai, organisation pour la démocratie et le développement dite GUAM
(9) http:// fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_du_traité_de_sécurité_collective
(10)
http://www.asianews.fr/2012/09/le-29-aout-journee-internationale.html
(11) Bélarusse, Kirghizistan, Tadjikistan
(12) Avec l'Arménie: en 2011:  Journée de l'Arménie et 2 timbres en l'honneur de deux auteurs arméniens. Avec la Biélorussie: En 2009: 1 timbre à l'effigie de Gromyko, originaire du pays et ministre des Affaires étrangères de l'U.R.S.S de 1957 à 1985, puis président du Soviet Suprême de 1985 à 1988. En 2009; 1 feuillet rappelant la tradition chrétienne des deux pays. Avec le Kazakhstan: En 2004: 4 timbres sur le site spatial de Baïkonour. En 2010: 1 timbre en l'honneur du géographe Chokan Valikhanov. Avec l'Azerbaïdjan: en 2015: 2 timbres dédiés à l'architecture moderne. Avec l'Ukraine: en 2009: 1 timbre commémorant la bataille de Poltova de 1709.
(13) http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_%C3%A9conomique_eurasiatique cf remarque 23
(14) Chine, Russie, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, Ouzbékistan, Inde, Pakistan (en 2016 pour ces deux derniers états).
(15)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_de_coopération_de_Shanghai
(16) depuis 2008
(17) Y compris la république Sahraoui et par voie de conséquence sans le Maroc.
(18) Cf http://www.au.int/
(19) Sont membres de l'UMA: cinq États: Algérie, Tunisie, Maroc, Libye, Mauritanie.
(20) Sont membres du C.E.D.E.A.O:
 Bénin, Burkina-Faso, Cap-Vert, Côte-d'Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Bissau, Libéria, Mali, Niger, Nigéria, Sénégal, Sierra-Leone, Togo;
(21) On consultera http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/09/06/qu-est-ce-que-la-cedeao_1756007_3212.html
(22) Sont membres du COMESA: Burundi, Comores, Djibouti, Égypte, Érythrée, Éthiopie, Kenya, Libye, Madagascar, Malawi, Maurice, Ouganda, République démocratique du Congo, Rwanda, Seychelles, Soudan, Sud-Soudan,  Swaziland, Zambie, Zimbabwe.
(23)
Sont membres du C.E.E.A.C: Angola, Burundi, Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, République démocratique du Congo, Sao Tome, Tchad.
(24) Cf https://www.issafrica.org/AF/RegOrg/unity_to_union/pdfs/eccas/
copaxfr.pdf
(25) Cf
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/conseils-par-pays/burundi/
(26) Cf  http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/republique-democratique-du-congo/presentation-de-la-republique-1274/
(27)  Sont membres de la S.A.A.D.C: Afrique du sud, Angola,  Botswana, Lesotho, Madagascar, Malawi, Maurice, Mozambique, Namibie, République démocratique du Congo, Seychelles, Swaziland, Tanzanie, Zambie, Zimbabwe.
(28)Cf  http://www.operationspaix.net/DATA/DOCUMENT/7932~v~
Plan_Strategique_Indicatif_de_l_Organe_de_Cooperation_en_Matiere_de_Politique_Defense_et_de_Securite.pdf
(29) Cf Réseau Voltaire, 3 mars 2016
(30) Cf http://fr.wikipedia.org/wiki/Hashomer
(31) Cf http://www.israelpost.co.il/mall.nsf/ProdsbyCode/1065?OpenDocument
&L=EN
(32) Cf http://www.israelpost.co.il/Mall.nsf/ProdsbyCode/991?OpenDocument
&L=EN
(33) http://www.tiyoul-tov.org/article_atlit.php?PHPSESSID=d6e805b0e51
c0abcead2a6fd89cf0ccd
(34) Tirso de Molina, de son vrai nom Gabriel Téllez est, avec Lope de Vega et Pedro Calderón de la Barca, l'un des grands auteurs de théâtre du Siècle d'or espagnol. Wikipédia
(35)
http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2003/03/27/france-algerie-les-non-dits-de-l-immigration_314473_3208.html#2cosvuk5EkQQOKqK.99
(36) Ref  Un drame algérien. La vérité sur les émeutes de mai 1945. par Eugène Vallet . Les grandes éditions françaises 1948
(37) http://tsahal.fr/armee-de-defense-israel/unites-de-tsahal/forces-armees/forces-terrestres/corps-dinfanterie/brigade-givati/
(38) Force Multinationale de Sécurité à Beyrouth.
(39) Consulter sur ces thématique les déclarations politiques des sommets de la CELAC à la Havane en 2014 et à Belèn en 2015. Cf également: Philippe Genest. Centre d'études interaméricaines " Nouvelles donnes en Amérique du Sud du Conseil sud-américain de la défense  (avril 2009)
(40)
http://www.rfi.fr/ameriques/20140430-bolivie-manifestation-decolonisation-discrimination-fronde-armee
(41) Cf
 http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/conseils-par-pays/colombie/
(42) Cf Annexe CELAC
(43) Membres: Australie, Cook, Fidji, Kiribati, Marshall, Micronésie, Nauru, Niue, Nouvelle-Zélande, Palaos, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Salomon, Samoa, Tonga, Tuvalu, Vanuatu. Associés: Nouvelle-Calédonie, Polynésie. Statut particulier: Norfolk.
(44) Le Japon a construit un pont entre deux iles des Palau.
(45) Cf http://www.fbls.net/bannierepub.htm
(46) Cf http://fr.wikipedia.org/wiki/Antarctique
(47) Archipel de Crozet, archipel des Kerguelen, îles Saint-Paul et Amsterdam, terre Adélie, îles Éparses.
(48) Cf http://www.asean.org/wp-content/uploads/images/archive/5187-18.pdf
(49) 18 soldats coréens intégrés au bataillon ont également été tués au combat. 1350 combattants français ont été blessés dont certains à plusieurs reprises. 12 ont été prisonniers de guerre et 7 sont portés disparus.
(50) Cf  http://www.saarc-sec.org/
(51) Cf  http://www.francenepal.info/article_view.php?id=2842&article_class=
461&subarticleclass=461
(52) assez souvent mercantiles
















mardi 17 mai 2016


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Suite 4

Chapitre 4


Approche géopolitique. L'ONU et les organisations régionales. Quelles incidences sur les programmes annuels d'émission?

Les administrations postales et les autorités politiques concernées  agissent au sein de multiples réseaux ayant des objectifs économiques et financiers, techniques et politiques et de sécurité collective spécifiques.

En quoi ces objectifs se répercutent-ils dans les messages émis sur les faciales "Défense" des timbres  de chacun des États membres de ces réseaux et quels sont ces messages, si message il y a, dont la teneur varie en fonction des données politiques, sociales, géopolitiques et de développement?
            Même si l'UPU retient le "secteur militaire" comme l'une des thématiques suivies par le système de numérotation mondiale (WNS), force est de constater l'absence de directives concernant la façon dont les timbres peuvent traiter les questions de Défense et parler des Armées, si ce n'est un appel d'ordre plus général de l'Association mondiale pour le développement de la philatélie (AMDP) consistant à "encourager les pays-membres à inclure dans leurs programmes philatéliques des thèmes planétaires développés par des organismes des Nations-Unis."
            L'UPU s'en remet donc à la bonne volonté des états-membres.
 Mais l'ONU se garde bien d'inviter les États et ses  agences postales de New-York, de Genève et de Vienne à inscrire les questions de défense à leurs programmes annuels, et n'aborde pas même de façon officielle le sujet de la lutte contre le terrorisme.
Le service de l'action anti-mines de l'ONU a certes développé un programme en cinq points, dont l'un concerne "la sensibilisation aux mines et l'éducation concernant la réduction des mines". Cette action s'est traduite par quelques émissions de timbres par  moins de dix états (1). Depuis 1993, le rôle des Nations Unies en matière d’action anti-mines a été pourtant réaffirmé et soutenu de façon répétée par plusieurs résolutions de l’Assemblée générale.... dans la plus grande indifférence philatélique ou presque !

Les organisations régionales seraient-elles plus actives et surtout plus suivies?

l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. (O.S.C.E)        (2)

  En matière de Défense et de Sécurité l'O.S.C.E intervient surtout dans trois domaines: le contrôle des armes, la gestion  des frontières, la lutte contre le terrorisme.  L'écroulement du Pacte de Varsovie a généré d'énormes stocks d'armes mal contrôlés. Il s'agit donc  pour l'organisation de lutter contre la prolifération de ces armes et de les détruire. Le Forum pour la coopération en matière de sécurité diffuse à cet effet des documents et réglemente les transferts d'armes conventionnelles L'école des cadres de gestion des frontières de l'O.S.C.E, cherche à améliorer la sécurité des frontières et forme à cet effet les agents frontaliers de l'Organisation. La lutte contre le terrorisme constitue en outre l'un de ses domaines de compétence. L'O.S.C.E participe enfin à la prévention des conflits et au règlement politique durable des conflits existants.

Les programmes philatéliques annuels n'accordent qu'une place restreinte aux questions de Défense. Répondre aux objectifs de l'Organisation suppose que les États admettent que les sujets liés à la Défense, au sens global du terme, et aux forces armées, ne vont pas à l'encontre des visées commerciales. La démarche de l'étude consiste précisément à montrer qu'en allant au-delà des commémorations, qui finissent par lasser, la thématique Défense peut attirer à elle un nombre plus élevé de ces collectionneurs soucieux de combiner loisir et connaissances sur les forces armées. Moins d'un quart des États, (un bilan décevant), membres et partenaires de l'O.S.C.E, font valoir sur leurs timbres émis depuis 2000, qu'ils adhérent aux projets d'une organisation, "qui œuvre en faveur de la Paix, de la démocratie et de la stabilité pour plus de 1 milliard de personnes dans le monde"(2)...

Parmi ces "bons élèves" figurent l'Arménie, la Bulgarie, le Kazakhstan, la Moldavie, la Roumanie, la Serbie, la Slovaquie, la Slovénie et l' ex-Yougoslavie, tous autrefois soumis au joug des soviétiques.



Mais au-delà de dire "Nous sommes désormais membres de l'O.S.C.E, ces timbres ne traitent pas pour autant du contrôle des frontières et du trafic des armes, pas plus au demeurant que des menaces terroristes islamiques. (3)
Le contrôle des armes est un sujet sensible que les États n'abordent qu'avec réticence et se gardent d'évoquer sur une faciale de timbre. Aucun des pays membres ne s'est aventuré à traiter la question plus vaste du désarmement en dépit d'une invite datant de 2004 faite par le bureau postal de l'ONU à New-York.(4)
La gestion des frontières, un thème peu abordé, fera-t-elle demain  l'objet de nouveaux timbres ? Les futures émissions seront-elles plus parlantes que ne le sont les timbres émis depuis 2000?
.....rappelle le retour au pays des réfugiés slovènes, il y a 60 ans, qui avaient fui devant la progression des chars soviétiques en Hongrie, plaçant dès cette époque la gestion des frontières au centre de débats relancés aujourd'hui. Le timbre polonais se contente de montrer l'insigne des  garde frontières. A défaut de reprendre les messages délivrés par l'O.S.C.E,  une vingtaine de faciales évoquent donc l'existence de l'organisation de façon symbolique et ne vont guère au-delà. Qu'en est-il pour l'OTAN?

l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN)


L'objectif fondamental de l'OTAN est la sauvegarde de la liberté et de la sécurité de tous ses membres par des moyens politiques et militaires.
L'OTAN a pour but de promouvoir les valeurs démocratiques et d'encourager la consultation et la coopération sur les questions de défense et de sécurité afin d'instaurer la confiance et, à long terme, de prévenir les conflits.
L'OTAN est attachée à la résolution pacifique des différends. Si les efforts diplomatiques échouent, elle possède les capacités militaires nécessaires pour entreprendre des opérations de gestion de crise. Celles-ci seront menées au titre de l'article 5 du Traité de Washington, le traité fondateur de l'OTAN, ou sous mandat de l'ONU, par l'OTAN seule ou en coopération avec d'autres pays ou organisations internationales.
Les ex-États de l'Est qui ont rejoint l'OTAN ont donc eu à cœur, depuis deux décennies, d'émettre quelques faciales évoquant leur statut de nouvel Etat membre d'une organisation qu'ils combattaient hier (Cf aussi le chapitre 3 ). Les timbres diffusés sont sobres et peu nombreux. L'ex- Yougoslavie est la seule à avoir émis une série de deux timbres en 2000, soulignant les dégâts commis par les avions  de l'Alliance atlantique au cours d'une campagne aérienne de deux mois et demi.
Ces anciens adversaires de l'Alliance atlantique n'ont émis aucun timbre évoquant les moyens militaires de l'organisation, ce que peut regretter le "soldat à la loupe", car sans être va-t-en-guerre, il eut été admis que les États évoquent l'organisation des moyens militaires et des Commandements, les traditions des Armes constitutives des forces, les formations d'alerte, les centres d'entrainement, les écoles de l'OTAN, les nouveaux systèmes d'armes. La France, quant à elle, a fait le choix de la discrétion et n'a donc pas marqué son retour dans l'OTAN par l'émission d'un timbre, un retour attendu pour pallier la faiblesse des moyens nationaux en cas de crise majeure, toujours possible à terme, qui nécessiterait le recours à l'article 5 du Traité, prévoyant notamment que "si un Allié est victime d'une attaque armée, chacun des autres membres de l'Alliance atlantique considérera cet acte de violence comme une attaque armée contre l'ensemble des membres et prendra les mesures qu'il juge nécessaires pour apporter une aide à l'Allié attaqué". (6)

L'OTAN en tant que telle n'a donc pas répondu à "l'activisme" russe au plan philatélique, un activisme loué par ceux qui s'intéressent au thème de la "Défense"
  1. la Communauté des États Indépendants (C.E.I)

Au "bloc" soviétique a succédé non pas un ensemble cohérent mais quatre entités, dont l'une est élargie à l'Inde et à la Chine, et dont les objectifs peuvent être divergents.
La plus connue d'entre-elles est la Communauté des États Indépendants, une sorte de "Club" dont la composition a varié dans le temps depuis sa création en 1991. Sept pays en sont membres à l'aube de 2016: l'Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l'Ouzbékistan, la Russie et le Tadjikistan.
     
            La Charte qui a défini les objectifs du "Club" en 1993 évoque les questions de  défense et de sécurité, sans en faire pour autant une priorité: Agissant en conformité avec les normes et les principes de l'O.S.C.E, la C.E.I retient quatre objectifs majeurs en matière de défense et de sécurité:

" Afin de garantir la paix et la sécurité internationale, la C.E.I préconise:
-l'adoption de mesures pour réduire les armements et les dépenses militaires, -la liquidation des armes nucléaires et d'autres armes de destruction massive, afin d'arriver au désarmement général et complet,  -l'approfondissement de la coopération entre les pays de la C.E.I et l'ONU et autres organisations internationales dans le domaine de la régulation des conflits internationaux - l'unification des forces et des moyens dans la lutte contre la criminalité organisées, le terrorisme international et les autres formes d'extrémisme, - le règlement pacifique des litiges et des conflits entre les pays membres."
(7)

       Mais les antagonismes internes aux États et entre la Russie et certains des sept membres de la communauté ont rendu difficile l'atteinte des objectifs qu'elle s'était assignée.
Les timbres ne parlent pas  de ces difficultés, qui sont à l'origine d'un nouvel organisme axé sur les questions de défense et de sécurité. L'Organisation du Traité de Sécurité Collective (O.T.S.C) voit le jour en effet en octobre 2002 et se veut en quelque sorte en quelque sorte le nouveau bras armé de la C.E.I.

l'Organisation du Traité de Sécurité Collective.(O.T.S.C)
         Le "soldat" à la loupe" ne peut qu'être attentif à cette Organisation. Ses objectifs, ses structures, ses règles de fonctionnement et ses initiatives sont autant de sujets en effet que peuvent exploiter les responsables russes  de la philatélie et ceux des États membres. Les domaines d'intérêt sont d'ordre planétaire puisque l'O.T.S.C agit avec l'ONU pour le maintien de la Paix, intervient dans les zones est-européennes, sibériennes, centre-asiatiques et caucasiennes. Les sujets potentiels relèvent de la défense commune anti-aérienne, du potentiel russe de coopération avec la Belarusse, la Crimée, la Transnistrie, l'Abkhazie, l'Ossétie, des manœuvres en commun, des contacts suivis avec les organismes de même vocation, OTAN, O.C.S et GUAM,(8) de la non-agression, et des coopérations d'ordre technologique, de la nature des forces de maintien de la paix et  d'intervention rapide.(9)Les missions assignées à l'organisation se définissent ainsi:
-Garantir la sécurité collective des États membres de la C.E.I, -Promouvoir et développer la Coopération entre les États membres, -Défendre la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriales des États membres,
- Maintenir la paix, la sécurité et la stabilité dans la région, -Lutter contre le terrorisme, - Lutter contre la prolifération d'armes de destruction massive, -Lutter contre la criminalité transnationale.

Mais quels messages transmettent les timbres des pays membres depuis l'année 2000?

     

En février 2009, la Russie et la Biélorussie ont signé un accord pour créer un système commun de défense aérienne, mais des conflits latents subsistent sur la question gazière et les difficultés aux frontières ouest et sud-ouest russes, en raison de rapports conflictuels avec les anciens membres du Pacte de Varsovie qui ont choisi l'U.E. Même si un timbre rappelle le repli des blindés soviétiques après la chute du mur, la bonne entente qui règne entre Minsk et Moscou se traduit par des timbres répétés honorant l'armée rouge. Un feuillet de 4 timbres émis en février 2000 rappelle que le père des Sukhoy  est natif de Vitebsk. Moscou et Minsk affichent leur "amitié".

Les timbres d'Astana ignorent l'O.T.S.C, mais se souviennent de Baïkonour, l'un des deux sites majeurs de l'Union soviétique restés au Kazakhstan après la chute du mur, avec celui de Semeï, sur lequel Moscou entretenait un centre nucléaire important. "Aujourd'hui Astana est un acteur majeur de l'initiative pour un monde exempt d'armes nucléaires, et Noursoultan Nazarbaïev est considéré à juste titre comme un leader mondial des initiatives prises en matière de non-prolifération." (10)

Un feuillet de 2 timbres émis en 2013 commémore la journée internationale organisée le 29 août 2012 contre les essais nucléaires. Le président kazakh s'adresse à Obama et à son homologue Dmitry Medvedev. Un an au par avant, un timbre évoquait l'interdiction totale des essais nucléaires. Le Kazakhstan s'efforce de rester bon élève et proche de la Russie sans omettre cependant d'être un partenaire attentif de l'OTAN et de coopérer avec les armées turques.
                 Les timbres relevant de la thématique" Défense et forces armées" émis par la Russie depuis 2002, (date de la création de l'O.T.C.S), ne témoignent que peu, de l'intérêt porté par Moscou à l'Organisation. Moscou n'a pas même retenu le logo de l'O.T.S.C comme sujet d'une faciale, rejoignant en cela trois autres pays membres (11)
Les réalisations  conjointes, pourtant révélatrices d'une volonté commune, ne sont pas évoquées:  rien sur la mise en place d'une défense aérienne commune; rien sur les unités des forces d'intervention et de maintien de la paix; silence sur le projet de déploiement  de batteries de l'OTAN sur le sol polonais. Moscou "fait profil bas". Aucun des objectifs précisés dans la charte signée à Chisinau n'est repris sur un timbre, si on fait abstraction d'un timbre de 2002 sur la lutte à mener contre le terrorisme et d'un timbre émis, une décennie plus tard, sur les gardes frontières.

            On peut certes remarquer que les sujets choisis sur la faciale des timbres émis par la Russie donnent l'image générale d'une puissance militaire assumée, fondée sur des moyens de haute technologie mais aussi sur des hommes fiers des forces armées de l'ex-U.R.S.S. Mais ces timbres expriment mal les liens qui unissent Moscou aux autres capitales de l'O.T.S.C. Il faudra que l'Iran émette en 2008 une série de trois timbres marquant un intérêt certain pour ces pays, pour que Moscou émette à son tour une série de faciales évoquant l'existence des liens qui la relient avec l'Arménie, l'Ukraine, la Bélarusse, le Kazakhstan, et l'Azerbaïdjan (12). La volonté d'agir pour une défense commune n'est donc pas relayée par la philatélie. Un timbre de 2015  révèle que Poutine a d'autres fers au feu. Moscou table en effet sur une évolution de la Communauté Économique Eurasiatique (C.E.E.A) englobant désormais la Biélorussie, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l' Arménie.....et d'après les propos de Michael Lambert, chercheur à l'institut de Recherche stratégique de l'École militaire: "Poutine pourrait fixer à ce nouvel ensemble l'émergence à terme d'une armée eurasiatique, d'un même gouvernement et d'une même devise."(13)


          Le jeu des U.S.A dans cette partie du monde inquiète d'autant plus que quatre États jadis alliés de la Russie ont choisi l'autre camp et militent en faveur de meilleures relations avec l'U.E et l'Alliance atlantique. La Géorgie, l'Ukraine, l'Azerbaïdjan et la Moldavie ont en effet créé "l'organisation pour la démocratie et le développement" (GUAM). Un autre timbre enfin, émis 2015, évoque la réunion du conseil des chefs d'État des pays membres de l'Organisation de Coopération de Shanghai. (O.C.S). La Russie par ce biais entend-t-elle contrer  les nouvelles ambitions d'Obama dans la zone? Que disent ainsi les timbres émis par les pays membres de cet O.C.S ? (14)


l'organisation de coopération de Shanghai (O.C.S)

               "L'O.C.S est une organisation intergouvernementale régionale asiatique....  Elle a été créée à Shanghai i les 14 et 15 juin 2001 par les présidents de ces six pays. Le 10 juillet 2015, l'OCS a décidé d'admettre l'Inde et le Pakistan comme membres à part entière Ses buts revendiqués sont, par le biais de concertations entre les différents chefs d’État ou de gouvernement, de renforcer la confiance mutuelle et les relations de bon voisinage entre les États membres, de sauvegarder la paix, la sécurité et la stabilité régionales, d'œuvrer à la création d’un nouvel ordre politique et économique international, plus juste et démocratique.
Une structure anti-terroriste régionale permanente est installée à Tachkent.
Les acquis de cette structure se placent essentiellement dans le domaine de la sécurité : manœuvres communes (sino-kazakhes, puis sino-russes en 2005), instance commune de lutte contre le terrorisme
...Depuis la conférence d’Astana la coopération s’étend également à la lutte contre le séparatisme, le terrorisme et l’extrémisme islamiste, ainsi que contre l'impérialisme des États-Unis par une déclaration exigeant la fermeture des bases américaines dans la région. Elle offre également un lieu de discussion entre les deux grandes puissances voisines de l’Asie centrale, qui se disputent l’influence sur cette région. Par des prises de position communes la Chine et la Russie font front face à l’influence des Etats-Unis dans la région. Pour certaines sources, cette organisation constituerait une alternative à l’OTAN, susceptible de faire pencher de son côté l’ Inde dont les Etats-Unis recherchent l’alliance face à la Chine." (15)


           Les opinions occidentales ont-elles réalisé qu'avec l'admission en 2016  de l'Inde et du Pakistan au sein de l'O.C.S, voici que s'affirme dans cette partie du monde une organisation de défense et de sécurité regroupant en son sein plus de puissances nucléaires que n'en regroupe l'OTAN. (Russie, Chine, Inde, Pakistan). La puissance militaire de la Chine et de l'Inde s'exprime depuis 2003/2005 sur les timbres émis par ces deux capitales.


Mais l'Inde, notamment, s'affirme à cet égard d'autant plus librement que le Pakistan se sert des faciales de ses timbres pour dire que le pays "est second de personne". Les deux nouveaux États qui rejoignent l'O.C.S entendent faire valoir leur puissance militaire dans la diversité de leurs capacités et le montrent sur les timbres qu'ils diffusent sans réserve, si ce n'est celle de dire qu'ils sont également des puissances nucléaires.


La crédibilité de l'organisation s'affiche également par le biais des contacts entre les capitales, par les manœuvres conjointes, le professionnalisme des forces armées ouzbeks. Les timbres traitent ces sujets. Le dynamisme russe au plan philatélique fait donc ici école. La thématique Défense s'y exprime pleinement.



           Les préoccupations des membres de l'O.C.S ne se limitent pas à la sécurité des pays concernés. L'Inde organise ainsi un forum trisannuel (16) avec tout ou partie des pays africains, que la Chine sollicite pour leurs terres cultivables. Or l'intérêt commun implique de militer pour une Afrique prospère, pacifique, intégrée, rejoignant en cela les objectifs fixés à l'Union africaine (U.A.). Mais tant du Nord au Sud que de l'Est vers l'Ouest l'insécurité règne en Afrique aujourd'hui. Les armées nationales des pays du Sahel participent aux combats menés contre Daech. L'Europe a pris en compte l'entraînement des forces. Celles-ci sont concernées sous couvert de l'ONU par des opérations de maintien de la paix. La défense est donc bien une priorité pour l'Union africaine.

L'Union africaine (U.A)

             Les 54 pays (17) de l'Union africaine, soit aussi 1 milliard 250 millions d'habitants, ont fixé à l'Union des objectifs communs en matière de défense et de sécurité, qu'un "conseil de paix et de sécurité"  s'efforce de mettre en œuvre. Mais la diversité des cultures, des niveaux de développement et de l'histoire des peuples est telle qu'il serait hasardeux de tenter de donner une réponse globale à la question suivante: "les timbres africains sont-ils le reflet des préoccupations en matière de défense et de sécurité des 54 États ?"


          Mais cette interrogation n'est-elle pas sans objet ? Les 54 pays africains émettent en effet chaque année, au total,  moins d'une centaine de timbres traitant de la défense et des forces armées depuis l'année 2000.Il est patent en outre que les problématiques diffèrent suivant les zones dans lesquelles les États ont des destins communs en terme de développement et de sécurité. Les objectifs communs au niveau de l'Union concernent la  promotion de la sécurité, de la stabilité et donc de la paix ainsi que la défense de la souveraineté et de l'indépendance de chacun des États. Le "conseil de paix et de sécurité" de l'Union africaine créé en 2001......... "considérant la paix et la démocratie comme les deux préalables au développement durable, donne vie au système continental d'alerte rapide, soutient les entreprises visant à prévenir et résoudre les conflits en axant son effort sur le programme frontière de l'Union africaine. Le conseil définit et conduit une politique commune de reconstruction et de développement post conflit. Il harmonise, coordonne et promeut les programmes de paix et de sécurité et veille aux mécanismes régionaux de prévention, de gestion et de résolution  des conflits, agissant pour ce faire avec l'ONU et les organisation internationales compétentes."(18)




Les 54 États de l'Union africaine se distribuent au sein de cinq sous-ensembles dont l'un n'a pas de compétences particulières en matière de défense et de sécurité. (l'Union du Maghreb Arabe (UMA) (19). Les quatre autres en revanche ont inscrit la défense et la sécurité  au nombre des objectifs qu'ils se sont assignés.

       

            La Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest, (C.E.D.E.A.O) (20)


Aucun des rares timbres émis par les États depuis l'année 2000 n'aborde les sujets, dont a eu à traiter cette Communauté.

 Or depuis cette date " l'ECOMOG, "groupe militaire, d'abord d'intervention puis d'interposition, a été engagé dans les guerres civiles de Sierra-Leone, de Guinée Bissau et du Libéria. Devenu par la suite force de sécurité, l'ECOMOG est chargé du maintien de la paix, de l'interposition et de l'observation, de la supervision des cessez-le-feu, de la dissolution des milices une fois désarmées. La C.E.D.E.A.O se voit enfin confier en octobre 2012 la mise au point d'un plan de reconquête militaire du Nord du Mali aux mains des islamistes d'AQMI, du MUJAO et de Ansar Dine".(21) La France a pris la suite en janvier 2013, venant ainsi contrer l'avance non contenue des groupes de djihadistes. Mais elle n'agit plus seule, car le G5 SAHEL et la MINUSMA agissent à ses côtés (Mauritanie, Mali, Niger, Burkina et Tchad).


La faiblesse des ressources de ces États en guerre contre le terrorisme explique pour beaucoup qu'ils doivent s'en remettre à la France notamment, comme l'a fait le Mali, désireux d'évoquer sur une faciale de timbre l'opération de guerre en cours sur ses terres.



le Marché Commun de l'Afrique Orientale et Australe (COMESA)


à la différence de la CEDEAO le COMESA ne dispose pas d'unités d'intervention mais d'un comité pour la Paix et la sécurité (22)  dont les travaux concernent l'engagement de la société civile et le secteur privé, la définition d'un système d'alerte "précoce", l'économie de guerre, la reconstruction post-conflit, la gestion des migrations et des déplacements forcés de populations.


les Comores et Madagascar. Les deux premiers cités se livrent une sorte de guerre par procuration sur le sol somalien; la guerre civile sévit encore au sud-Soudan; Daech s'implante encore davantage en Lybie; la menace terroriste présente dans le Sinaï déstabilise l'Egypte, dont le pouvoir en place est à son tour la cible de contestations. Les quelques timbres émis au cours de la période par des États exsangues montrent des monuments, des stèles expiatoires et évoquent les victimes des affrontements passés. Khartoum et Tripoli témoignent de l'existence de leurs forces armées.






la Communauté Économique des États d'Afrique Centrale (C.E.E.A.C), (23)
la C.E.E.A.C entend faire de la région un espace de paix en 2025 et s'est donc fixé comme objectif premier la paix, la sécurité et la stabilité. Un "Conseil de Paix et de sécurité" (COPAX) ainsi qu'une "force multinationale de l'Afrique Centrale" (FOMAC) ont été mis sur pied. Le COPAX, compétent pour traiter des conflits interétatiques et des conflits internes, poursuit cinq objectifs:
              -"développer et intensifier la coopération sous régionale en matière de sécurité et de défense, -mettre en œuvre les dispositions pertinentes relatives à la non-agression et à l'assistance mutuelle en matière de défense,
-définir les grandes orientations visant à établir, maintenir, -consolider la paix à l'échelon sous régional, -veiller au maintien, à la consolidation et à la promotion de la paix et de la sécurité en Afrique centrale, y compris par l'action humanitaire,-constituer et déployer des missions civiles et militaires d'observation et de vérification en vue de prévenir, de maintenir ou de rétablir la paix dans la sous-région." (24)
La FOMAC est une force multinationale de 2400 hommes comprenant des unités de protection civile et de gendarmerie pour mener des actions civilo-militaires. L'état-major régional qui la dirige agit également dans le cadre des "recommandations" de l'Union africaine.                  
Mais dans  cette sous-région les armées nationales sont très sollicitées.
Celle de l'Angola qui dispose de l'une des plus puissantes forces armées africaines s'est ainsi déployée en Guinée Bissau au titre d'un accord d'aide binational. Les armées camerounaises sont en butte avec Boko-Haram dans le nord du pays, après s'être investies contre le Nigéria dans la zone contestée de Bakassi.
L'armée centrafricaine exsangue et divisée est tributaire de l'aide des unités françaises et des forces de l'ONU.
L'armée tchadienne elle-même fait front à l'intérieur à plusieurs groupes rebelles que soutient le Soudan et certains groupes rebelles présent dans le Darfour. L'EUFOR, une force européenne, a été déployée sous mandat de l'ONU. "Le Burundi est confronté, depuis le printemps 2015, à de fortes tensions qui sont liées aux conditions dans lesquelles le processus électoral a été mené. Après une tentative de coup d’Etat en mai 2015, le pouvoir et l’opposition se sont radicalisés. Les violences deviennent récurrentes sans perspectives de solutions à court terme." (25)
La menace rémanente d’un nouveau conflit dans la région des Grands Lacs a conduit la communauté internationale à se mobiliser en vue d’une solution politique durable.
L’accord engage les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) à réformer leurs forces afin de réaffirmer l’autorité de l’Etat à l’est du pays, outre d’autres réformes de fond à engager. De leur côté, les pays de la région s’engagent à respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de leurs voisins, et notamment « à ne pas tolérer ni porter assistance ou soutien à aucune forme de groupe armé »(26)
Il est clair que dans un tel contexte la production de timbres n'est pas prioritaire et que les émissions ne reflètent qu' à la marge les situations locales. Les timbres de Bangui et de Sao-Tome en quête de devises sont surtout destinés au marché extérieur et mettent en exergue les  commémorations des deux conflits mondiaux, ainsi que les avions et les navires de guerre des armées étrangères.
Pour autant des feuillets émis par l'Angola et par Sao-Tome méritent attention, en raison des sujets peu souvent abordés, qu'ils traitent par l'image: le reportage de guerre, l'emploi des animaux sur le champ de bataille, le déminage manuel, l'arsenal de l'OTAN .

Les postes africaines peuvent parfois réserver d'agréables surprises, tels ces feuillets émis par les autorités postales de Sao-Tome et Principe, qu'on aurait pu penser avoir été émis par l'un des États membres de l'Alliance atlantique, la France par exemple, puisqu'on y voit le seul char Leclerc "timbrifié" !

              la Communauté de développement de l'Afrique Australe (S.A.D.C).

(27)
Les chefs des États membres ont adopté en 2003 un "plan stratégique indicatif de coopération en matière de Politique de Défense et de Sécurité ", considérant que la région, au-delà des conflits armés du passé, devait prendre en compte "le processus inachevé de démobilisation, de désarmement, de réintégration et de suivi des anciens militaires, le terrorisme et la grande quantité de mines terrestres." Un Comité de Défense et de Sécurité a établi au Zimbabwe un Centre régional de formation au maintien de la paix. "Les défis à relever en matière de défense se définissent ainsi: régler les conflits armés au sein des États membres; combattre le terrorisme; développer les politiques et les capacités afin de s'assurer que la région entretient des unités formées, prêtes à être déployées dans les opérations de soutien à la Paix sous les auspices de l'U.A et de l'ONU; Procéder au déminage et à l'élimination des engins non explosés; riposter aux agressions externes; réintégrer les anciens combattants et réhabiliter les enfants-soldats; élaborer une doctrine qui permettra l'interopérabilité des forces de défense; lutter contre la prolifération et le trafic illicite des armes légères et de petit calibre.
Créé en 2010,un "système d'alerte précoce", situé au secrétariat de la S.A.D.C à Gaborone (capitale du Botswana), "rassemble les informations sur toutes les situations d'instabilité éventuelle dans la région."  Une "Brigade d'intervention de l'Afrique Australe, maintenue en attente" peut être déployée sous la seule autorité du sommet des chefs d'État et de gouvernement de la S.A.D.C  et sous mandat de l'U.A ou de l'ONU". (28
Une telle prise de conscience des questions de défense ne se reflète pas pour autant sur les timbres émis par les postes locales, dont moins de 400 timbres en 15 ans et pour 15 États abordent des sujets liés à la défense. La faiblesse du volume des courriers échangés explique cette situation, mais des États comme l'Afrique du sud, la Tanzanie et l'Angola auraient pu faire valoir l'importance des missions attribuées aux armées en dehors des frontières de la S.A.D.C....il est symptomatique de voir à cet égard que ce sont les Chinois qui s'exportent en Afrique! Les timbres diffusés à partir de 2008 le montrent clairement.



La Ligue Arabe (L.A) et le Conseil de Coopération du Golfe (C.C.G), Israël.

Fondée en 1945, la Ligue arabe est la seule organisation incarnant la totalité des États arabes, à l'exception de la Syrie, membre fondateur mais exclu de la ligue. Le Conseil de la ligue décide des mesures à prendre sur vote à l'unanimité des États membres, dont  demeure l'entière responsabilité en tant qu' États souverains. La ligue arabe soutient la lutte du peuple palestinien en vue de la création d'un État palestinien. Certains de ses membres jouent un rôle ambigu vis à vis de Daech.

Le Conseil de la Ligue prend les mesures nécessaires pour éviter toute agression de fait ou potentielle de l'un des États membres: Le Conseil de la Ligue prend les mesures nécessaires Il contribue à la résolution des différends entre les États membres, Il identifie les moyens de coopération entre les organismes internationaux en vue de préserver la paix et la sécurité collective de tous les pays arabes
Mais au-delà des principes généraux, l'absence de cohésion politique et la prévalence des intérêts nationaux font obstacle à tout rapprochement réel et à fortiori à une véritable "défense arabe." Les chefs d'État se sont cependant entendus en 2015 sur le principe de créer une Force Militaire Conjointe pour combattre notamment les groupes terroriste actifs dans les pays, s'inspirant en cela de la coalition de pays arabes conduite par l'Arabie saoudite au Yémen contre les milices chiites houdhites. Les monarchies du Golfe, très favorables à la création de cette force, y voyant un moyen de contrer l'Iran chiite, se heurtent cependant à un refus de l'Algérie de s'ingérer dans les affaires d'un pays souverain.

Ainsi l'équation régionale risque-t-elle d'être compromise à terme," la ligne de fracture n'étant plus entre la Résistance ou la collaboration avec Israël, ni même entre chiites et sunnites, mais entre Perses et Arabes." (29) Le Hezbollah serait ainsi considéré désormais comme un mouvement terroriste

L'Algérie quant à elle utilise volontiers les faciales de ses timbres pour fustiger la France et faire une lecture contestable des faits. En émettant ces timbres sujets à controverses, les responsables d'Alger contreviennent  à l'objet de la philatélie qui n'est pas de semer la haine entre les peuples. Certes selon Tirso de Molina (3)"est-il rien de plus profitable qu'un mensonge habile"...mais répéter 100 fois un mensonge n'en fait pas pour autant une vérité et la récriture de l'Histoire à des fins de propagande n'a jamais contribué à l'émergence de la vérité. On ne manquera pas de se remémorer toutefois  les propos du président Bouteflika, qui dans un élan de sincérité a reconnu sur Europe 1, qu'en réclamant des visas, les jeunes Algériens  expriment non seulement leur attirance pour la France, mais aussi le manque "de bonheur et de sérénité" en Algérie.(35
Les "massacres" de Sétif du 8 mai 1945 sont eux-mêmes exploités, toujours à sens unique.
Même si le ton choisi par le dessinateur n'est pas en soi hostile, le titre du timbre occulte les exactions commises en petite Kabylie par des meneurs armés aux ordres du P.PA et des Amis du Manifeste. Le rapport rédigé par l'Union locale des syndicats de Guelma indique notamment le 20 juin 1945 : " la tâche primordiale qui s'offre à nous.....est de combattre sur cette terre d'Algérie le fanatisme religieux musulman, dans tous les domaines et partout où il continue à se manifester."  Voilà bien une approche évoquée à l'époque par le porte-paroles d'un mouvement ouvrier dont on ne parle pas. (36)
Visibilité des forces armées de la ligue arabe

Alors que les conflits internes aux pays membres de la ligue arabe ne cessent de prendre de l'ampleur, alors que les moyens financiers des pétromonarchies, même déclinant,  leurs permettent d'acquérir des arsenaux modernes, les États concernés évitent de faire valoir leurs arsenaux de guerre sur les timbres qu'ils émettent. Quelques dizaines seulement s'intéressent aux armées. l'Algérie (2009)-le Koweït(2014)-l'Irak (2002)-et la Syrie (2014) détiennent une capacité de défense interarmées et le montrent sur 3 timbres. L'Algérie (2009)- Bahreïn (2010)- l'Egypte (2005;2007)- l'Irak (2015) et Israël (2015) font état des moyens aériens en service. En 15 ans, l'Algérie (2012) et l'Irak (2015) sont les deux seuls États de la ligue arabe  à avoir montré un navire de guerre sur leurs timbres. Les forces terrestres, les plus sollicitées avec l' armée de l'air, sont aussi celles les plus représentées.

     
il eut été souhaitable que Beyrouth rende hommage à la F.M.S.B (38) et aux victimes US et françaises tombées pour le Liban, comblant de cette façon l'oubli des capitales concernées en Europe et aux États Unis, 20 ans après la mort de 300 jeunes soldats des contingents US et français réunis. La violence des armes est le lot quotidien des membres de la Ligue. Ce qui pour l'Occident est alors apparu dans les rues de Beyrouth comme un fait innommable est hélas le lot quotidien en Orient.

                            Le Conseil de Coopération du Golfe, (C.C.G),

( Arabie saoudite, Oman, Bahreïn, Émirats arabes Unis, Qatar), créé en 1981, regroupe donc les pétromonarchies sunnites. Ses membres se montrent d'ailleurs soucieux de sécurité face à l'Iran chiite. Depuis 2012 ce C.C.G réfléchit à un projet d'union pour contrer la menace iranienne sur la Région. Quelles que soient les bruits de botte dans cette région du monde, les émissions de timbres n'en rendent pas compte et ne focalisent guère que sur "l'Intifada


Israël

vit aussi des heures douloureuses. Son passé tumultueux est source d'inspiration pour la philatélie.. Mais les timbres émis relatant ce passé  l'évoquent avec respect sans appel à la haine.

"Hashomer était une organisation de garde et de défense des implantations juives en Palestine. Organisation secrète, elle faisait l'objet d'une forte pression par le gouvernement turc dès la déclaration de la première guerre mondiale. A l'issue du conflit Hashomer met en place les bases d'une auto-défense de plus grande envergure avant de passer le relais à la Haganah". (30) "Construite par l'Empire ottoman, la première ligne de chemin de fer fut endommagée à plusieurs reprises au cours des combats de la 1° guerre mondiale et notamment du fait des attaques des bandes arabes dirigées par Lawrence d'Arabie". (31) Le Corps des muletiers de Sion rejoint Gallipoli et les forces britanniques en avril 1915. Les soldats du "Mule Corps" acheminaient les munitions et les fournitures aux troupes britanniques engagées sur le front (32)

Hashomer donne naissance à la Haganah, qui cessera sa lutte armée contre les Britanniques en 1946, une lutte que reprendra l'Irgoun. Dès 1939, les Britanniques ont établi des camps de détention pour les juifs immigrés clandestins. Le camp d'Atlit sera la cible d'une opération menée en octobre 1945 par la Haganah qui libèrera la totalité des prisonniers..(33)
Communauté des États latino-américains et caribéens (CELAC) . Le conseil sud-américain de la défense.(C.S.D)

L'Amérique latine et la Caraïbe  sont deux régions du monde ayant le plus faible niveau de conflictualité, en dépit  du rôle perturbateur des FARC et de conflits frontaliers. Ce sont également deux régions dont les États sont, soit restés fidèles à la doctrine Monroe, soit  tendent à s'aligner sur la doctrine bolivarienne. Cette région est enfin connue pour adopter de nouvelles alliances régionales ...au détriment de celles déjà existantes.
Mais en matière de défense et de sécurité, outre l'Organisation des États américains (O.E.A), dont les capacités à régler les questions de défense sont sujet à caution, (efficacité relative de "l'Interamerican Defense board" et de la "Conférence des Ministres de la Défense des Amériques"),on retiendra surtout la Communauté des États latino-américains et caribéens. (CELAC),  ainsi que le Conseil sud-américains de défense (CSD) créé à l'initiative du Brésil.  Les deux derniers sommets (2014-2015) des chefs d'État et de gouvernement de la CELAC ont réaffirmé les objectifs communs en matière de défense et de sécurité, au-delà des dispositions du Traité de Tlatelolco faisant de la région une zone dénucléarisée. Ces objectifs se définissent ainsi:
             - préserver la paix, qui est un élément fondamental de l'intégration de l'Amérique latine et des Caraïbes, - exclure l'usage de la force et les moyens non légitimes de défense, dont les armes de destruction massive et en particulier les armes nucléaire, - réitérer la nécessité urgente du désarmement nucléaire général et complet, - lutter contre le transfert illicite d'armes conventionnel, -rejeter le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations et promouvoir la coopération internationale contre ce fléau,   -continuer à œuvrer dans le cadre des lois internationales et notamment conformément à la résolution 1514 ( 14/12/1960) des Nations Unies, aux terme de laquelle l'Amérique latine et la Caraïbe sont constitués de territoires libérés du colonialisme, - saluer le rétablissement historique des relations diplomatiques entre Cuba et les Etats-Unis.
Face à de tels objectifs, le Conseil sud-américain de défense doit avoir un rôle de désamorçage des conflits régionaux. Lancé en 2009 à Santiago du Chili, à l'initiative du Brésil, ce C.S.D a pour mission et raisons d'être de:
              - mettre en place un forum dédié à l'analyse et à la discussion des thèmes liés à la défense, - forger une identité sud-américaine de défense exempte  de l'influence américaine, - conduire à l'élaboration de livres blancs, à une meilleure intégration des bases industrielles de défense, à une participation commune aux missions de maintien de la paix, à une plus grande coordination des déploiements militaires en Amérique latine lors des crises humanitaires ou de menaces à la sécurité de la région ou de l'un des États.(39)
            Les pays membres de la CELAC évoquent avant tout le passé de leurs forces sur les timbres qu'ils émettent mais certains ne rechignent pas pour autant à montrer qu'ils détiennent des armées équipées de matériels modernes, quand l'Argentine rappelle sa souveraineté sur les terres convoitées du continent austral.
Le Brésil, 7° puissance économique mondiale, vit depuis 2014 à l'heure d'une récession économique et d'une contestation populaire. Candidat à un siège permanent au conseil de sécurité, fort de plus de 2 millions de soldats, le Brésil est d'une extrême discrétion philatélique sur ses réalisations et ses projets militaires en coopération ou non avec la France, la Russie, l'Italie et la Chine.(s/marins classiques et nucléaires d'attaque, hélicoptères super Cougar et EC-725, transports de troupe.)
Le Chili à l'inverse qui consent un effort important pour sa défense (+3% du PIB, y compris la gendarmerie) montre les diverses composantes de ses forces armées, confrontées en 2014 à des attentats commis à Santiago.
Huit autres pays membres de la Communauté  (Colombie, Costa-Rica, Guatemala, Honduras, Nicaragua, Panama, Paraguay, Salvador) ne se sentent pas tenus d'afficher sur leurs timbres l'image des arsenaux dont ils se sont dotés et préfèrent s'en tenir aux sujets relevant de la sécurité plus que de la défense, aux écoles militaires, et aux forces armées en tant qu'institutions.
En Colombie, " les attentats à l’explosif, imputables il y a quelques années encore aux groupes armés illégaux, sont devenus très rares et ciblent des intérêts économiques précis.
Cette tendance devrait se poursuivre avec la finalisation du processus de paix engagé avec les FARC. Pour autant demeurent une criminalité organisée puissante et une délinquance de voie publique significative." (41)
Les timbres colombiens n'ignorent pas les armées mais mettent plutôt l'accent sur les institutions militaires d'enseignement...école navale, école de guerre, de maistrance, des élèves officiers, des lanciers, de la Gendarmerie. Un timbre de 2013 témoigne cependant de la lutte menée contre la criminalité dans la logique des choix de la Communauté.. ....choix sur lesquels s'alignent deux autres pays membres: lutte contre le terrorisme et réduction du nombre d'armes en circulation.
Après la guerre des frontières menée contre Lima, des groupes armés demeurent dans les zones forestières du sud colombien.
Pérou et Uruguay ne s'inspirent pas plus des orientations de la CELAC en matière de Défense et de sécurité que les autres États membres, ce qui ne signifie pas pour autant que ces pays fassent l'impasse sur cette thématique dans leurs programmes annuels de philatélie. Ceux-ci savent en effet mettre en avant la modernité des outils de défense qu'ils détiennent, tandis que l'Uruguay, à l'instar du Pérou, rend hommage à ses chefs militaires qui ont joué dans le passé un rôle politique de premier plan.
Le Pérou dispose depuis 1957 d'un organisme de commandement interarmées.
Le Venezuela Le 19 avril 2010, le pouvoir vénézuélien a organisé une grande cérémonie militaire destinée à commémorer le 200° anniversaire de l'indépendance du pays et à montrer qu'il dispose d'un outil de défense moderne. La feuille de 48 timbres (ici 46) émise à cette occasion rappelle les feuilles et feuillets émis par les iles Marshall pour le compte des USA!
24 juin Journée de l'armée
Actualité du caudillisme?
Les îles de la Caraïbe, en quête de devises, ne se soucient guère d'exporter les messages de "l'actualité Défense" de la CELAC sur les nombreux timbres qu'elles émettent. Trinité et Tobago ont émis cependant en 2004  une série de 5 timbres commémorant le combat mené contre l'esclavage conformément à l'une des priorités de la Communauté. Les 21 îles de la Caraïbe répertoriées en annexe ont émis en 15 ans près de 1150 faciales relevant de la thématique "Défense", dont la grande majorité a pour objet de commémorer les batailles et les guerres du passé.
Si les navires de la Royal Navy et les avions de la RAF sont deux sujets de prédilection, la diffusion de timbres et de feuillets mettant en exergue l'armée de l'air chinoise ne peuvent qu'attirer l'attention tant ils témoignent de l'intérêt que porte Pékin pour la Caraïbe, un intérêt croissant, qui va en se diversifiant.
Deux timbres de Cuba rappellent que la Havane et Pékin coopèrent et si Cuba diffuse quelques timbres évoquant "la Défense de la Révolution", il est clair que le "Che" en est l'incarnation, vu le nombre de faciales reprenant son visage !